Artiste: Tangerine Dream
Album: Phaedra
Année de sortie: 1974
Durée: 37:34
Tracklist:
1. Phaedra (16:43)
2. Mysterious Semblance At The Strand Of Nightmares (10:35)
3. Movements Of A Visionnary (7:55)
4. Sequent 'C' (2:17)
Line-Up:
Edgar Froese: Mellotron, Guitare Basse, Synthétiseur VCS3 & Orgue
Chris Franke: Synthétiseur Moog, Claviers & Synthétiseur VCS3
Peter Baumann: Orgue, Piano Electrique, Synthétiseur VCS3 & Flûte
Chronique:
Avec Phaedra, nous sommes à l'aube de la réponse universelle du symbolisme global de toutes nos questions existentielles, comme si nous attendions avec une patience inhumaine la sentence verbale des choses dont nous avons passé une majeure partie de notre vie à supposer, et qui ont suscité en nous une peur inexpliquée, formulée par un gourou fluide et javellisé cerclé de machines du savoir et de la raison, le tout d'un ton trop solennel pour qu'on puisse y croire, laissant les récolteurs d'authenticité hiératiques.
Quand on écoute Phaedra, nous sommes dans le monde de l'après-savoir, le savoir ultime et la connaissance sacrée, le monde ultérieur et élitiste. Car ce savoir relègue à un rang inévitablement grotesque les choses qui ont suscité une indéfinissable curiosité jusqu'à cette inconcevable révélation. Nous nous laissons bercer et savourons le fruit passé de notre existence. Les machines tournoient et s'octroient la couleur de la vie, se convoquent, délibèrent le tout dans une harmonie intrinsèque incroyablement froide mais sereine. Elles nous charcutent avec douceur et volupté, et ont été le but de notre voyage ... Et si nous avons réponse à tous nos doutes et maux qui ont alternés de façon désagréable notre existence, que nous reste-t-il si ce n'est profiter de ce plaisir malin et inintelligible?
Car malgré cette hypnose envoûtante se cache un sadisme profond et malsain, celui d'avoir l'intime conviction que nous serons seuls et graves pour l'éternité. Une solitude qui se caresse dans le sens du poil, une quiétude d'un presque silence cauchemardesque. Le soupir d'une désolation d'un charme non destructeur mais juste effroyablement austère. Cette sensation d'auto-mutilation de l'esprit pour en découvrir des tréfonds où même Dieu lui-même n'auraient pu soupçonner son existence, mais d'où l'on sort non sans dommages des trésors qui pourront nous illuminer avec un enthousiasme atroce pour le reste de l'éternité. C'est l'album qu'aurait du emporter Mr Benis dans sa poche lorsque ce dernier cassa malencontreusement ses lunettes dans le tristement célèbre épisode phare de la "4ème Dimension" ...
Note: 17,5/20
Tangerine Dream - Phaedra
Publié par Grodard Le Juste 0 commentaires
Catégorie Chroniques Discographiques
Yes - Drama
Artiste: Yes
Album: Drama
Année de sortie: 1980
Durée: 36:55 (+79:16)*
Tracklist:
1. Machine Messiah (10:27)
2. White Car (1:21)
3. Does It Really Happen? (6:35)
4. Into The Lens (8:33)
5. Run Through The Light (4:43)
6. Tempus Fugit (5:15)
Line-Up:
Trevor Horn: Chant & Guitare Basse sur "Run Through The Light"
Chris Squire: Guitare Basse, Chant & Piano sur "Run Through The Light"
Steve Howe: Guitares & Chant
Geoff Downes: Claviers & Vocoder
Alan White: Batterie, Percussions & Chant
*version remasterisée avec titres bonus
Chronique:
Après l'indiscutable échec de Tormato, Yes a trouvé bon de changer sa formule. Exit donc, Rick Wakeman et Jon Anderson, déstabilisés par la tournure musicale aseptisée involontairement adoptée par le groupe, comme s'ils sentaient qu'il fallait à tout prix mettre un terme avant qu'ils foncent inévitablement dans le mur. (Ceci dis, cet argument était clairement justifiable quand on voit ce qu'à donné les premières sessions de Drama, quand ces deux derniers étaient encore dans le groupe), Chris Squire, Steve Howe et Alan White se retrouvèrent à poil de leur gourou cabalistique et de leur déambulateur de paluches costumé (mais contrairement à Anderson, Yes n'avait eu aucune difficulté à remplacer Wakeman. Sans Patrick Moraz, la touche jazzy et chaleureuse de Relayer n'aurait jamais pu jaillir), clairement démoralisés par cet évènement inattendu, ils décidèrent malgré tout de ne pas dissoudre le groupe, même s'ils savaient qu'au fond, l'échéance arriverait tôt ou tard devant les mouvements musicaux en extrême mutation à l'aube de cette décennie des années 1980 qui s'est vu manifester une régression évidente de la musique Rock.
Les trois membres restants décidèrent de frapper un grand coup (et dans le même temps, prendre un sacré risque) : recruter les deux membres des Buggles, Trevor Horn et Geoff Downes! Deux inconditionnels de la pop léchée et limite parodique ayant un lien très pauvre (voire inexistant) avec la musique de Yes jusqu'à maintenant. Du pain-béni pour les détracteurs de la formation qui se réjouissaient de pouvoir les descendre avec un certain sadisme éloquent avant même que ce nouveau line-up ait pu travailler son nouveau disque. Mais entre nous, ceci était clairement légitime vu la sale publicité que Yes se mangeait depuis Going For The One. Et cette alliance imprévisible pouvait laisser sceptique.
Tout était réuni pour un échec d'une dimension astrale où toutes les revues musicales de l'époque pourraient s'adonner à cœur joie à une lapidation collective. Sauf qu'il n'en est rien, Drama est un coup de bluff hallucinant, cet album - vu son contexte - est inexplicablement excellent, ce qui ne l'a tout de même pas empêché d'être copieusement descendu, mais là n'est pas le problème, il l'aurait été quoiqu'il arrive. Mais la question à tendance quasi philosophique que se pose n'importe quel fan de Yes ayant un faible pour cet album est, "Pourquoi cet album est bon?" Tout comme Tormato, il y a plusieurs théories: la réponse la plus élémentaire serait d'affirmer que ce n'est pas un album de Yes, mais un album de Yes ET des Buggles, ce que je réfute. Drama est un authentique album de Yes, mais un Yes s'étant étrangement adapté à son époque musicale indécise. Trevor Horn et Geoff Downes ont apporté un coup de fraîcheur inattendu et un coup de boost phénoménal au groupe, signant d'une caractéristique clairement pop mais tout en prenant soin de ne pas dénaturaliser la musique épurée de nos britanniques à costumes, ce qui fait un album, paradoxalement, extrêmement progressif.
Si Drama est bon, c'est qu'ils ont maniés ces deux mouvements sans tomber dans le cliché, et il est évident que quand on passe de Tormato à celui-là, Wakeman et Anderson apparaissaient clairement comme les principaux instigateurs de la régression du son de Yes. Car ici, Geoff Downes exploite bien mieux les nouvelles technologies électroniques contrairement à Wakeman et son ignoble Birotron. Downes est également beaucoup plus sobre! Terminées, les grandiloquences pompeuses! Trevor Horn, quant à lui, apporte peu par rapport à son prédécesseur, sa voix est certes banale, mais laisse entrevoir toute sa profondeur quand il est soutenu par les lignes vocales de Chris Squire. On pourra lui reprocher quelques limites dans les aigus, là où Anderson était quant à lui clairement à ses aises.
L'album est également bien mieux produit que Tormato (le retour de Eddie Offord aux commandes n'y est pas pour rien), et ce qui fait qu'on le place comme un ovni musical est le fait qu'il ai une approche très Prog tout en ayant un son très kitsch, mais pour une fois, qui ne sera pas connoté péjorativement, ce qui dans un sens me paraît absurde. Cet album était la représentation même que le Prog pouvait avoir sa place dans les années futures, mais ça, personne n'y croyait, ou personne ne voulait le croire. Chaque morceau est inévitablement beaucoup plus Rock que les précédents albums. Chaque morceau est un potentiel petit concentré de dynamite, indépendants les uns des autres, créant des tubes en puissance sans en être vraiment. Machine Messiah propose une rythmique violente digne d'un groupe de Heavy-Metal découpés en plusieurs parties où les notes valsent astucieusement sur un nid à sensations, l'étrange interlude symphonique qu'est White Car laisse place au pulsif Does It Really Happen? à la ligne de basse démentielle et aux orchestrations utopistes laissant entrevoir les fantaisies musicales de l'univers d'un Crash Bandicoot, talonné par un Into The Lens jouissivement déstructuré au refrain imprévisible et dévastateur, comme se trouvant dans une barque, perdu au milieu d'un lac. Ce morceau est la représentation même de ce nouveau Yes, toujours fugace, toujours subtil, mais de plus en plus indicible et surtout d'une beauté hallucinante. Comme si ils avaient mis tout ce qui leur restaient de leur inspiration, celle qui vient des tripes, et qu'elle s'écoule jusqu'à la lie, quitte à se faire gerber*, contrairement au pâlichon Run Through The Light qui n'aura pour intérêt que de remarquer l'aisance notable qu'à Trevor Horn avec une 4 Cordes. Tempus Fugit clos cette nouvelle démarche créatrice (mais trop courte!) avec un puissant Rock fruité d'une virtuosité furtive mais un poil répétitive, comme s'ils avaient trop exploités le riff initial.
*(remarque: la première version de ce morceau s'intitulait 'I Am A Camera' est était initialement sortie par Downes et Horn quand ils étaient encore chez les Buggles)
Conclusion: Drama est en quelque sorte là pour retarder l'échéance fatidique et inévitable, réservée à tous les groupes de Prog en ce tout début de décennie. C'est d'ailleurs assez étonnant que Yes ai tenu tête aussi longtemps dans ce domaine; c'est un hommage et un épilogue honorable qu'il est bon de se le rappeler, et aucun autre album similaire à celui-là ne sera produit tant le contexte de sa réalisation était spécial. Trevor Horn ne se sentant pas à l'aise dans ce rôle si délicat et en conflit avec son ancien compère Downes, quittera le navire. Ce dernier quant à lui, ira former "Asia" avec Steve Howe, John Wetton & Carl Palmer. Le groupe sera officiellement dissous en 1981.
Note: 16,5/20
Publié par Grodard Le Juste 0 commentaires
Catégorie Chroniques Discographiques
Yes - Tormato
Artiste: Yes
Album: Tormato
Année de sortie: 1978
Durée: 41:35 (+79:50)*
Tracklist:
1. Future Times / Rejoice (6:46)
2. Don't Kill The Whale (3:56)
3. Madrigal (2:25)
4. Release, Release (5:44)
5. Arriving UFO (6:07)
6. Circus Of Heaven (4:31)
7. Onward (4:05)
8. On The Silent Wings Of Freedom (7:47)
Line-Up:
Jon Anderson: Chant, Guitare Alvarez 10 Cordes & Percussions
Chris Squire: Guitare Basse, Pédales Basse, Piano sur "Don't Kill The Whale" & Chant
Steve Howe: Guitares électriques et acoustiques, Mandoline & Chant
Rick Wakeman: Piano, Orgue, Moog, Synthétiseurs & Birotron
Alan White: Batterie, Percussions & Chant
*Version resmaterisée avec titres bonus.
Chronique:
Tormato est le 9ème album de Yes, et c'est la première déception notable du quintet qui sera malheureusement croissante avec le temps. C'est indiscutable - et malgré les arguments plus ou moins fiables de ses ardents défenseurs - cet album n'est pas bon. Mais pourquoi n'est-il pas bon? Les hypothèses fourmilles et je ne sais par laquelle commencer.
Premièrement, il y a la date. Tous les hypothétiques fans de Rock-Progressif que vous êtes qui lisent cette chronique n'auront pas de mal à approuver que c'est un des éléments étrangement fondamentaux de ce style musical aussi complexe qu'incohérent. Or, Tormato est sorti en 1978. Même si certaines formations du genre en étaient encore à pondre de belles œuvres, la plupart des cadors du mouvement étaient en flagrante perte créatrice, que ça soit ELP avec son caricatural Love Beach ou Gentle Giant et son innommable Giant For The Day. Sur Tormato, Yes est également en perte créatrice, qui pourtant n'était sorti qu'un an après le mystique et cristallin Going For The One dont je ne m'étais pas gêné pour le bourrer d'éloges. Pourquoi une descente aussi flagrante et instantanée? Et en cette fin de décennie fertile, le matériel - contrairement aux idées des principaux protagonistes - évoluait. Mais pas forcément dans le bon sens. Le plus grand défaut à cet album sont les sons utilisés par Rick Wakeman que l'on croirait tout droit tirés d'un synthé Yamaha pour gosse bon marché. Inutile de vous préciser que les sons qu'ils sortaient de son matériel nouveau était d'un kitsch nauséabond (mon dieu son solo sur 'On The Silent Wings Of Freedom' ...), mais ça, j'imagine bien que vous l'auriez deviné.
Deuxièmement, Tormato est né sous de nombreux désaccords qui a clairement déteins sur le contenu musical (bien sûr, ce n'est pas le cas partout. Le "Gazeuse!" de Gong était d'une réussite et d'une complémentarité hallucinante, ce qui n'empêchait pas Francis Moze et Pierre Moerlen de s'engueuler à chaque répétition et d'être en totale disgrâce, mais je m'égare). Et comme l'indique le contenu du livret de la version remasterisée, c'est la première fois dans la discographie de Yes que Steve Howe et Rick Wakeman ne s'entendaient pas sur la façon de combiner leurs mélodies respectives. Qui fait que les deux s'égarent sans vraiment se quitter, comme s'ils tournaient introspectivement vers un but qui n'existe pas en se cherchant mutuellement.
Sur Tormato, je n'ai jamais su si c'était les morceaux ou la production qui étaient mauvais(e). D'un côté, ça pourrait très bien être les deux (et de plus, ça m'arrangerait dans ma rédaction). Et pourtant, Yes fait toujours du Rock-Progressif dans sa formule la plus pompeuse et la plus caricaturale, il n'y a de doutes là-dessus. Mais dieu que c'est maladroit! Ce n'est pas incohérent non plus mais la qualité des compositions n'est plus là, comme si ils ne croyaient plus à ce qu'ils faisaient et qu'ils apercevaient au bout de l'horizon la fin future du genre musical qui les amenés sur le devant de la scène. De plus, la production est fade et la sensation d'être "enfermé" domine largement, le son en est écrasé, compressé. Ce qui est paradoxal quand on sait que leur musique se fait fluviale et aérée, où la liberté ne possède ni frontières, ni limites, et cela casse indéniablement l'œuvre. (C'est assez amusant à noter, mais je compare souvent cet album au No Prayer For The Dying d'Iron Maiden, car leurs défauts respectifs sont intimement liés). Comme le montre les premières notes de "Future Times / Rejoice", on sait d'ores et déjà que cet album sera bancal et où l'on ne trouvera pas la magie d'un Going For The One. Et fort étrangement, les morceaux qui me plaisent le plus sur Tormato sont les plus simplistes, les plus directs et les moins grandiloquents. Les pulsations catchy de Don't Kill The Whale ou de Release, Release arrivent à me faire headbanguer, contrairement aux sirupeux 'Onward' et 'On The Silent Wings Of Freedom' qui tentent avec un acharnement fataliste de concurrencer ses âinés. Yes est en train de comprendre que le temps des "Epic-Songs" majestueux est malheureusement révolu, et que ce n'est plus ce qu'attends leur public.
Troisièmement ... Non, il n'y a pas de troisièmement, j'ai involontairement abordé tous les points cruciaux dans les deux derniers paragraphes. Mais je ne vais pas juger le niveau de nos 5 musiciens, car la production déséquilibrée, juger leur jeu respectif aurait assez peu d'intérêt. J'en arrive à la conclusion suivante:
Dans cet album, Yes est perdu et ne sait pas trop où il va. Continuer à faire du Rock-Progressif dans sa forme la plus détestable où s'adapter aux nouvelles tendances musicales quitte à se trahir soi-même? Quoiqu'il en soit, cette sortie aura eu des séquelles sur le groupe, Rick Wakeman et Jon Anderson le quitteront à la fin de la tournée suivant la sortie de l'album. Le premier ne réintègrera le groupe officiellement qu'en 1991 alors que l'autre s'éclipsera le temps d'un album sans sa collaboration, Drama (1980) qui lui sera étrangement excellent.
Note: 10/20
Publié par Grodard Le Juste 0 commentaires
Catégorie Chroniques Discographiques
Yes entame une tournée européenne!
Je voulais caler un titre original et attractif, mais j'ai préféré rester sobre, surtout quand on diffuse ce genre d'informations.
Oui, Yes entame une tournée européenne! Et la première pensée qui me vient à l'esprit est: enfin! Cela faisait quelques mois que Chris Squire et ses acolytes arpentaient les scènes nord-américaines pour un Yes s'étant justement et malheureusement trop américanisé à mon goût, comme le montre les nombreuses interviews et émissions consacrées à ces derniers (notamment la pathétique version de 'Owner Of A Lonely Heart' sur Fox News. Y'a pas à dire mais pour cultiver l'image du groupe, ils auraient pu trouver mieux ...). Cela étant, Yes renoue enfin avec l'europe (et ce qui n'est pas près d'être le cas pour King Crimson, mais là n'est pas le problème) avec pas moins de 3 dates françaises et une date belge. Je vous les affiche:
Novembre 2009:
10 Novembre: Antwerp, Belgium - Elisabeth Hall*
11 Novembre: Paris, France - Olympia*
12 Novembre: Nantes, France - Cite des Congres*
14 Novembre: Holland, NL - Waerdse Tempel
16 Novembre: Birmingham, UK - Symphony Hall
17 Novembre: London, UK - Hammersmith Apollo
19 Novembre: Edinburgh, UK - Usher Hall
20 Novembre: Newcastle, UK - City Hall
22 Novembre: Manchester, UK - Apollo
23 Novembre: Bristol, UK - Colston Hall
29 Novembre: Rouen, France - Zenith*
source: http://yesworld.com/ywtour_euro.html
(de gauche à droite, Steve Howe - Chris Squire - Alan White au Experience Music Project in Seattle, Juin 2009)
Mais il ne faut pas oublier que la formation qui sera présente à cette tournée sera la même que celle de ces derniers mois, c'est à dire sans Jon Anderson, ni Rick Wakeman. (Benoît David - Chris Squire - Steve Howe - Oliver Wakeman - Alan White). Et je dois vous avouer que sans la présence du leader à la voix perchée et à l'allure méditative, le rendu global sera indiscutablement moins poignant et attractif. Ceci dis, j'irai quoiqu'il arrive malgré le prix exorbitant des places (62,00€ à 84,00€!!) En espérant que le prix vaudra le contenu. Mais il y a quelque chose qui me déplaît dans l'évolution de ce groupe, une sorte de recyclage du prog dont on peut douter quand à sa crédibilité. Indiscutablement, le trio de force vieillit, mais mon dieu qu'ils vieillissent mal! Et est-ce vraiment nécessaire, à 60 ans passé, d'arborer toujours les mêmes fringues de Superman et divers pantalons moule-burnes que même Iron Maiden dans les années 1980 n'auraient oser porter? On les croirait sortis tout droit d'un show républicain de Las Vegas! Yes n'a jamais été réputé pour sa sobriété scénique, mais là, c'est grotesque!
Et ce visage détestable que je suis en train de vous narrer correspond à ce qui me répugne le plus dans l'évolution de ce groupe, Yes est devenu américain avec tous les plus gros clichés qui l'entoure. Ils sont l'incarnation pathétique même de la définition de ce que l'on fait du rêve américain. Ça en dégouline de paillettes, et ça en colle encore aux dents. C'est la première chose qui me vient à l'esprit quand je vois la teinture blonde et le ton rougeâtre de Chris Squire, qui en plus est devenu gros, ce qui accentue son mauvais goût. Dans les années 1970, leurs délires ésotériques dégageaient une lueur d'une pureté indescriptible et indéfinissablement belle qui justifiaient leurs accoutrements douteux, éclipsée par la magnificence incontestable de ces polyphonies instrumentales ruisselant de couleurs pleines. Même si le décor reste toujours dans une atmosphère proche, actuellement, vu le contexte et les allures rongées des principaux protagonistes, on ne peut s'empêcher d'être sceptique.
Ceci dis, j'y serai. Même si le fait de voir Yes sans Jon Anderson ne peut me faire considérer cette incarnation comme le véritable Yes (D'ailleurs, je reste également sceptique quant à son "problème de gorge décelé il y a quelques mois l'empêchant d'effectuer la tournée" étant donné qu'il vient d'entamer une tournée solo il y a peut ...), il sera fort probable que j'ai mon cul posé sur un des sièges douillets de l'Olympia en espérant planer sur un hypothétique 'Ritual' poignant et rallongé ...
Publié par Grodard Le Juste 0 commentaires
Catégorie Holy News