Progressive Nation 2009

26 octobre 2009

Salut les p'tits lous! Eh oui, cela faisait un mois que je n'avais donné de nouvelles sur ce blog, mais à vrai dire, l'envie n'était plus là ... Et y'a pas à dire, mais cela prend quand même énormément de temps, surtout concernant les chroniques ...

Mais aujourd'hui, il n'y aura pas besoin de se prendre le crâne une demi-heure pour savoir de quel sujet nous allons développer. Il est tout prêt, il est tout chaud (quoiqu'il commence à dater tout de même), le sujet en question est la fameuse "Progressive Nation" auquel j'ai assisté avec en tête de gondole les indétrônables Dream Theater, qui s'est déroulée au Zénith de Paris le Dimanche 4 octobre 2009, soit exactement 15 ans après la sortie de leur 3ème album, Awake. Alors que l'on pouvait s'attendre à quelque "surprise" du à cet anniversaire (comme il l'avait été pour les 15 ans du Images & Words), l'avenir nous montrera que l'on avait tort. Il faut dire qu'elle prend de la place celle nouvelle Progressive Nation! 4 groupes pour environ 4 heures de musique! Le set de Dream Theater en a été clairement amputé. Fort regrettable d'ailleurs ...

Et Dream Theater, en tête de file et créateur de cette "nouvelle manifestation musicale" nous a dégoté 3 groupes, plus ou moins connus au style plus ou moins variable; il s'agit de Unexpect, Bigelf & Opeth. Excepté le 3ème que j'avais été voir l'année dernière avec Cynic en première partie et que j'avais d'ailleurs commenté de façon assez peu élogieuse sur ce blog, Unexpect et Bigelf étaient pour moi des inconnus sur le plan scénique. Mais avant de développer, revenons sur le prologue de cette histoire ...





Je devais rejoindre des amis à moi vers les alentours de 15h dans l'avant-dernière file. Malgré l'ampleur de l'affiche, il n'y a pas masse de fans et j'ai pu sans aucune difficulté les retrouver. Après avoir passé de longues minutes à discuter et à débattre sur les groupes qui nous ont été proposés ce soir là (et pas tout le temps en bien il est vrai), les portes s'ouvrent vers 17h00. Le temps d'une pause pipi éclair et nous arrivons à nous placer collé contre la barrière (l'avenir nous montrera que ce n'était pas le choix le plus judicieux) et vers 18h15, c'est Unexpect qui déboule sur scène avec leur armada entrollés et folkloriques dans une ambiance conviviale et bon enfant. Unexpect, sur le peu que j'avais écouté d'eux, ça avait de la gueule. Une sorte de Metal-Progressif bordélique au potentiel mélodique et bourrin indiscutable possédant une chanteuse alternant passages clairs et passages gutturaux et un violoniste à la présence palpable. Sauf qu'il y a rendu studio et rendu live. Et concernant Unexpect, à vrai dire, je ne pourrai pas vraiment juger leur prestation purement musicale étant donné que le mixage proposé était extrêmement déséquilibré, et à cause de cet incident clairement notable, le "rendu live" n'a pas joué en sa faveur et il vaut mieux pour l'instant se pencher sur leurs œuvres studio.

Malgré un mixage atroce (trop de basses, guitares trop faibles, chant trop puissant), ce fût un plaisir scénique. 7 joyeux lurons déjantés se substituant à leur rôle de porte-parole du délire, soutenu par un violoniste chevelu headbanguant (!) en maîtrisant toujours avec autant de facilité son instrument et avec un bassiste à la basse au nombre hallucinant de 9 cordes, et sachant la manier avec brio et inventivité (slap, tapping et jeu très rapide aux doigts. Très impressionant quoiqu'un peu surchargé techniquement). Et je trouve assez regrettable de voir que ce fût le groupe le plus sous-estimé de la soirée et le plus descendu via les messages de certains forums alors que sur les 4 groupes du soir, ce fût celui qui fût le plus communicatif avec le public. Et pour cette précieuse caractéristique, il aurait été juste de prendre part à plus d'enthousiasme ...

S'en suit après Bigelf. Alors Bigelf est l'archétype même du groupe peu inspiré qui malgré cela, arrive à obtenir une certaine reconnaissance du public et de la presse. Et je dois avouer que je ne comprends pas. Certes, Bigelf n'a rien inventé (d'ailleurs, cela ne m'étonnerait pas qu'ils l'avouent eux-mêmes) Mais à un tel stade de similarité avec tout ce qui marchait dans les années 70, je trouve ça limite. Leur succès est terriblement injustifié. Encore si ce n'était que sur le plan strictement musical, on pourrait se montrer tolérant, mais non, là aussi ça coince ... En plus de proposer quelque chose d'extrêmement formaté, l'attitude des principaux protagonistes, et surtout du chanteur-claviériste à la dégaine d'un mauvais Tim Burton (un peu comme si Ozzy jouait le rôle principal dans Sleepy Hollow ...) m'écoeure au plus haut point et me fait même demander si ces gens là ont vraiment la musique comme dessein. Une telle arogance avec si peu d'arguments artistiques, non, je n'y adhère pas. Vraiment pas. Un clone de Black Sabbath? un clone de Deep Purple? Un peu les deux en même temps à vrai dire. Dans cette demi-heure de musique bien tassée, je ne leur ai trouvé malheureusement que des défauts. Le guitariste nous balance des plans préfabriqués et prévisibles, le claviériste-chanteur nous la joue genre "je fais des solos et je regarde même pas!" (Les "Keyboard-Hero", ça a jamais été mon truc. Je suis plutôt du genre Rick Wright ...) Le bassiste (une sorte de Lemmy jeune qui joue aux doigts) et le batteur remplissaient un rôle rythmique plutôt minimaliste, ce sont malgré tout sur eux que l'intérêt sera le plus solide.

Et aussi injuste que cela peut paraître, ce sont eux qui ont bénéficié du meilleur mixage, qui fait que malgré la musicalité limite s'en dégageait quelque chose d'honorable ... Et ça, cela me faisait presque chier ... Conspiration! (Mike Portnoy, principal instigateur du choix des groupes de la "Progressive Nation 2009", a pris dans ses rangs Bigelf car cela lui faisait penser à tous les groupes de rock des années 70 que lui écoutait ... On comprend mieux maintenant ... D'ailleurs, il fit une apparition dans leur set, ce qui éveilla l'optimisme du public)

Arrivant vers la moitié du concert, une forte envie se fait ressentir: la soif! Le voilà, l'inconvénient d'avoir sa place tout devant. Bifurquer vers les chiottes possède un point de non-retour peu appréciable ... Malgré tout, le show continue, et c'est Opeth qui pointe le bout de son nez. Un Opeth que j'ai trouvé très timide scéniquement malgré la violence palpable de leur musique. Le groupe entame un "Windowpane" suave et lancinant avant de s'attaquer à quelques baobab de sa discographie comme Harlequin Forest, Deliverance ou The Lotus Eater. Et à vrai dire, mon jugement envers eux par rapport à l'Elysée Montmartre n'a pas vraiment changé, leur musique, même de qualité, est lourde de répétitions. Et en dehors de ça, quand je vois Opeth je vois surtout Mikael Akerfeldt. Les autres restent assez en retrait, scéniquement parlant. Opeth, c'est une musique en méditation avec l'âme. Et le fait que ses représentants soient assez peu avenants n'est au final pas très dérangeant. Mais quand on a le gosier à sec, on trouve ça lourd, très lourd ...

Les mecs d'Opeth partent comme ils ont débarqués, un peu à la va-vite. Et en repensant à l'éventualité d'une entracte très longue, les types de la sécurité siégeant entre la scène et le public prennent l'excellente initiative de nous donner à boire. Ce qui fait que l'on pourra jouir pleinement du set de Dream Theater sans se soucier de nos petits traquas anatomiques, cool!

Après - comme nous l'avions estimée - une entracte longue se pointe (30 minutes), les lumières s'éteignent et la bande son de "A Nightmare To Remember" se manifeste, taillée de près par la descente de rideaux qui laisse entrevoir le groupe en action, excepté LaBrie qui se pointera 3 minutes plus tard muni d'une gabardine à la "Dracula" assez énigmatique et correspondant assez au caractère du personnage (gabardine qu'il laissera tomber au bout de 25 minutes du à la chaleur). Et avec tout ça, une première déception notable, le son brouillon ... Inévitable paramètre de mixage des concerts de Metal dans des salles assez imposantes. Le son trop puissant fait que l'on arrivait pas à percevoir toutes les notes des solos de John Petrucci et de Jordan Rudess. Emmerdant. Mais pour en revenir à LaBrie, son attitude est de plus en plus étrange. A peine une partie instrumentale pointe le bout de son nez qu'il s'isole derrière la scène où qu'il abuse de son breuvage pour sa voix histoire de "faire quelque chose au lieu de rester planté là comme un con". Bien que ça ne soit pas la première fois qu'il agisse de cette façon, la manière dont il s'écarte peut laisser penser que l'ambiance dans le groupe n'est pas des plus appréciables ... Et de plus, il ne laisse pas entrevoir une totale décontraction dans son attitude, je le trouve de plus en plus mal à l'aise (je le soupçonne même d'avoir voulu mettre les mains dans ses poches à plusieurs moments). Et les autres? Ils n'ont pas vraiment changé. Portnoy est de plus en plus con, Petrucci, de plus en plus gonflé, Myung, de plus en plus indifférent, et Rudess de plus en plus équipé. Non, ils n'ont pas changé ...

Le groupe enchaîne avec "The Mirror / Lie" qui arrive à me faire frémir. C'est lourd, c'est puissant, c'est "Metal!", mais à l'époque, contrairement à un "A Nightmare To Remember", c'était crédible. LaBrie arrive même à faire chanter le public (seul!) sur le dernier "Don't Tell Me" (comme il y a 4 ans pour la tournée Octavarium!) qui a toujours son petit effet.

Après presque une demi-heure de musique, ce dernier entame enfin la conversation avec le public parisien, pas pour dire grand chose de très bouleversant, certes, mais un contact tout de même ... Il nous ressort toujours la même formule et son "Comment ça 'fucking' va?!", qui au delà du ridicule, en découle un certain effort assez appréciable. En fait, si il parle, c'est aussi pour annoncer le prochain titre, "A Rite Of Passage" ... Ah merde, me dis-je ... "Bon, t'en qu'on a pas Wither, c'est cool en tout cas" ... Et pour la troisième fois de la soirée, j'allai avoir tort ... Et si! Ils l'ont fait! En plus d'avoir osé publier "Wither" sur le dernier album, ils ont également eu l'audace, que dis-je le! La hardiesse d'avoir osé la jouer en live! Cela m'a purement anéanti. Je ne pouvais qu'assister impuissant à cette manifestation insipide et inexpressive dont j'étais une des nombreuses victimes. Et malgré tout, avoir réuni mes forces pour la boycotter à ma façon (un peu comme quand "Fear Of The Dark" avait été jouée lors de la reproduction de la tournée de "7th Son" de Maiden en 2008 ...). Malgré mon lynchage personnel et méditatif que j'accordais à ce morceau, le public avait plutôt l'air d'apprécier ... Etait-ce simplement pour jouer le jeu ou par réelle conviction? A vrai dire, je ne sais pas ... Et ça, ça me fait flipper ...

La suite? Elle fût anecdotique. Peut-être plus par le bourage de crâne sonore que je subissais depuis 3 heures que l'interprétation de "Wither", je dois le reconnaître. Pourtant, l'enchaînement "The Dance Of Eternity" et "In The Name Of God" (que je n'avais jamais entendu en live) aurait "du" être orgasmique! Sauf que ça ne fût pas le cas. Le son trop fort, la fatigue et la soif anéantissait le peu d'enthousiasme qui me restait, ce qui fait que l'interprétation de ces deux morceaux me laissait assez indifférent et je me le reprochais presque ... The Count Of Tuscany est venu clore cette soirée assez morose où je n'éprouvais plus grand chose si ce n'était aller boire un coup et me barrer ... Dream Theater remercie son public, assez chaleureusement, je dois le reconnaître (d'ailleurs, je suis toujours fasciné quand John Myung se prend à cet exercice ... Un petit coucou furtif et hop! Plus de Myung ...) et un de mes potes à ma droite est parvenu à obtenir le médiator de John Petrucci. Content, il l'était. 'Faut dire qu'il m'a en partie écrasé pour le choper en plein vol. Et c'est assez rigolo à remarquer, mais c'est à ce moment du concert que ça a le plus bougé. En même temps, cela me fait rire, mais en même temps, cela me dépite. (là, j'aurai bien mis un smiley rigolo, mais dans un article, ça le fait moyen)

Dream Theater, malgré le fait qu'ils restent indétrônables de ce genre de manifestations musicales, c'est le groupe qui est paradoxalement le moins actif sur le plan scénique. Et je ne ressent plus d'osmose, plus d'harmonie, une certaine impression de "je fais mon taf" assez détestable ... Je suis resté sur ma faim, clairement sur ma fin ... Ce fût d'ailleurs la première fois que je fus déçu de ce groupe en live, peut-être la fois de trop ...

Van Der Graaf Generator - Pawn Hearts

20 septembre 2009

Artiste: Van Der Graaf Generator
Album: Pawn Hearts
Année de Sortie: 1971
Durée: 45:08





Tracklist:

1. Lemmings (Including Cog) (11:37)
2. Man-Erg (10:20)
3. Plague Of Lighthouse Keepers (a. Eyewitness / b. Pictures/Lighthouse / c. Eyewitness / d. S.H.M / e. Presence Of The Night / f. Kosmos Tours / g. (Custard's) Last Stand / h. The Clot Thickens / i. Land's End (Sidelines) / j. We Go Now) (23:04)


Line-Up:

Hugh Banton: Orgues Hammond & Farfisa, Piano, Mellotron, Synthétiseur ARP, Pédale Basse, Guitare Basse, Chant
Guy Evans: Batterie, Timballes, Percussions, Piano
Peter Hammill: Chant Principal, Guitares Acoustiques, Guitare Slide, Piano Electrique, Piano
David Jackson: Saxophones Alto, Ténor et Soprano, Flûte et Chant

(+ musiciens additionnels)

Robert Fripp: Guitare Electrique sur "Man-Erg" et "Plague Of Lighthouse Keepers"


Chronique:

Van Der Graaf Generator, c'est un peu l'élève turbulent de la classe élitiste du rock progressif des années 1970. Car Van Der Graaf façonne sa musique en totale opposition avec ses congénères en proposant une musique lourde, agressive, saturée et volontairement désagréable ... Ce qui en fait quelque chose de terriblement fascinant, mais sous cette fascination, l'effet fruste de cette musique ne sera pas sans dommage, que l'on soit fan ou pas. Et pourtant, pour que cet album soit fascinant, il faut avant tout le comprendre et faire abstraction de son enveloppe corrosive. Car oui, quand j'ai écouté Van Der Graaf Generator pour la première fois (l'album Godbluff de 1975), je ne lui trouvais absolument aucun intérêt et avait même oser dans ma barbe à me dire que ce groupe était la représentation même du Rock-Progressif bâclé chiant, qui n'a de prog que la forme! Et aussi absurde que cela peut paraître, c'était clairement justifiable, car rien n'est fait pour allécher les oreilles de l'auditeur.

Et il m'a fallu de nombreuses écoutes supplémentaires pour progressivement rectifier ce préjugé hâtif. Non, Van Der Graaf est beaucoup plus subtil que ça, mais encore faut-il avoir le courage de se l'affirmer. Même si sur le plan strictement musical, ça n'est pas spécialement révolutionnaire, l'approche, quant à elle, pourrait l'être. Une musique dominée par les saxophones et des orgues saturées, où la place de la guitare est extrêmement minimaliste (quelques accords à la sèche ou quelques glissandos très furtifs. Même les interventions de Robert Fripp sont à peine audibles) et où la basse n'est pas systématiquement tenue par une guitare basse, tout cela soutenu par la voix de lépreux de Peter Hammill, hallucinante par son registre, cela change de façon assez radicale des formations conventionnelles du Rock de cette époque. Et cette absence d'instruments conformistes renforce son intérêt. Surtout que les quatre gaillards ont tous un jeu commun, qui fait l'identité de leur musique. Peter Hammill raille ses tripes comme s'il était constamment à bout de souffle, dans un moment de pur agonie orgasmique, Guy Evans martèle ses fûts avec violence et de manière assez peu académique, Hugh Banton pose des ambiances rêches et décharnées avec son orgue tandis que David "Jaxon" Jackson fait hurler ses saxophones en osmose avec la rudesse mélodique des orgues de son collègue. Et même ses interventions à la flûte sont acerbes, malgré le potentiel lyrique qui se dégage de cet instrument.

"Pawn Hearts" est un blocos sur un service de porcelaine. Instable et imprévisible, cet album se démarque par sa folie, une folie schizoïde où l'homme est en confrontation avec lui-même et avec ses questions métaphysiques universelles, où personne ne peut lui venir en aide. Certaines phases sont accélérées au stade de pur démence (Milieu de "Man-Erg", milieu et fin des trois quarts de "Plague Of Lighthouse Keepers") où l'on prend provisoirement la peau d'un aliéné délaissé aux soins psychiatriques se présentant manifestement comme néfastes. Ces passages de psychose sont masturbatoires et renforcent l'intérêt des morceaux cités car plus ces phases sont intenses, plus l'attente jusqu'à ce qu'elles se manifestent sera jouissive, comme une montée en puissance qui est guidée par le futur plaisir que cela va nous procurer.

Quand on écoute Van Der Graaf Generator, on est un être en adéquation avec le tourment et les aspects les plus détestables de la vie et on trouve en cette musique une sorte de lamentation et de séance d'auto-flagellation introspective, où les éruditions rossées de Peter Hammill nous servirait de gourou spirituel vers un au-delà incertain. Quand on écoute Van Der Graaf Generator, on ne veut pas être bien. On veut souffrir, mais malgré cela, il y a un côté thérapeutique qui en découle qui est indéniable. Sortir les mauvaises choses de soi-même et exploiter tout leur potentiel malfaisant. Et cela fait du bien. Quand j'écoute les phases apocalyptiques de "Plague Of Lighthouse Keepers" où Hammill vocifère son mal-être, je ne peux m'empêcher de l'accompagner dans sa frustration funèbre, une transe furtive et tendue s'empare de mon corps et j'affronte virtuellement les maux vidés du sac de l'humanité.

Mais Van Der Graaf Generator n'a rien à voir avec les groupes 'Gothico-Black-Emo' où le mal-être et l'exagération est rangé au rang d'apologie."Pawn Hearts", c'est une baignade à 14 degrés dans la manche sur une plage de galets avec un vent à 110 kilomètres couverts de nuages gris et insignifiants. Pour compléter le tableau, on pourrait même rajouter des vagues que l'on se prendrait dans la gueule avant même d'avoir posé les pieds dans l'eau. On plonge dedans, on s'en mordrait presque mais on en ressort avec de l'espoir et de la niaque, et aussi un sentiment extrêmement jouissif d'avoir l'impression de ne pas être comme les autres et de fustiger du regard le monde avec un certaine impression de ressortir d'un combat inexistant la tête haute. Van Der Graaf, c'est le hurlement universel, c'est la culture de la souffrance qui est en nous et d'en exploiter toutes les richesses et proposer une œuvre poignante, mûre et terne.

Note: 16/20

Anderson Bruford Wakeman Howe

16 septembre 2009

Artiste: Anderson Bruford Wakeman Howe
Album: Anderson Bruford Wakeman Howe
Année de sortie: 1989
Durée: 59:05





Tracklist

1. Themes: Sound / Second Attention / Soul Warrior
2. Fist Of Fire
3. Brother Of Mine: The Big Dream / Nothing Can Come Between Us / Long Lost Brother Of Mine
4. Birthright
5. The Meeting
6. Quartet: I Wanna Learn / She Gives Me Love / Who Was The First / I'm Alive
7. Teakbois
8. Order Of The Universe: Order Theme / Rock Gives Courage / It's So Hard To Grow / The Universe
9. Let's Pretend


Line-Up:

Jon Anderson: Chant et Choeurs
Bill Bruford: Batterie
Rick Wakeman: Claviers
Steve Howe: Guitares électriques et acoustiques

+ (invités)

Tony Levin: Guitare Basse, Chapman Stick, Chant
Matt Clifford: Claviers, Programmation, Orchestration, Chant
Milton McDonald: Guitare Rythmique
(+ autre choeurs)


Chronique:

Présenté comme une sorte d'alternative à Yes où Jon Anderson et ses acolytes continuent leur bonhomme de chemin, en proposant un pop mièvre et insipide en totale adéquation avec le son de l'époque (Big Generator), "Anderson, Bruford, Wakeman, Howe", comme son nom l'indique, résulte des retrouvailles du leader arachnéen avec ses anciens compères de Yes. (Anderson ne pouvait pas prendre le nom de Yes, détenu par Chris Squire) Et pas des moindres: Steve Howe, Rick Wakeman et Bill Bruford. On retrouve presque la formation de "Fragile"! Bien que cela ait beaucoup de gueule sur le papier, le résultat qui en découle est loin, très loin de ce que l'on pouvait espérer. On nous avait déjà fait le coup avec Asia 8 ans plus tôt. Pourtant, musicalement, cette nouvelle greffe progressive n'est pas spécialement mauvaise, mais jamais elle n'aurait du voir le jour en 1989. Elle a au moins le mérite d'avoir été conçue dans un réel processus de création en dehors des enjeux commerciaux qui étaient propre à la doctrine d'Asia, qui elle, proposait une musique prévisible et formatée.

Mais malgré la qualité des morceaux, il y a quelque chose qui coince ... Les coupables? Il n'y aura pas besoin d'aller les chercher très loin. Ce sont les mêmes qui ont été à l'origine de l'échec de Tormato ... Si si, rappelez-vous ... Rick Wakeman et Jon Anderson (oui, ce sont eux!) se sont parfaitement adaptés à leur époque, voire un peu trop. Et c'est bien ça le problème. J'ignore de quoi était constitués les albums solos du premier cité précédent cet album, mais ça ne devait vraiment pas être fameux, les sons qu'il nous sort sortirai presque d'un mauvais album de Jean-Michel Jarre, on croirait à une blague, mais ça n'a malheureusement pas l'air d'être le cas ... Et Anderson? Il nous fait toujours part de sa politique naïve de l'amour et toutes les niaiseries qui l'accompagne, perché dans un monde dont il a beaucoup de mal à se défaire, c'en est légèrement écœurant. Mais ne les blâmez pas si hâtivement, ils ne savent pas ce qu'ils font ... Non, les années 1980 n'ont certes pas été prolifiques, mais encore moins concernant ces deux là. Steve Howe et Bill Bruford, quant à eux s'en sortent pour le mieux. La guitare n'est pas l'instrument qui a le plus souffert des nouvelles technologies, lui laissant toujours la possibilité d'exprimer son jeu écorché très caractéristique, tandis que pour Bill Bruford, malgré son jeu intelligent et incroyablement précis, aura eu la très mauvaise idée d'avoir utilisé une batterie électronique, l'amputant une partie de son talent. La basse quand à elle, est tenue par Tony Levin, incontournable de ce genre de projets.

Malgré tout, certains morceaux sont bons, très bons même. "Brother Of Mine" se démarque par sa ligne vocale épurée qui se présente même comme l'armature même du morceau où les instruments gravitent autour d'elle. "Birthright", pour sa sobriété, sera également très appréciable (se terminant par une introduction de didjeridoo assez inattendue). Le reste? A vrai dire, je reste perplexe ... Car les morceaux restants sont radicalement gâchés par la présence de Wakeman alors qu'ils auraient pu être bons ("Theme", "Fist Of Fire", "Order Of The Universe"). Pourtant, on sent sur cet album une volonté d'ouverture vers d'autres courants musicaux ou culturels. Mais là aussi, c'est raté. Quand j'ai entendu "Teakbois" la première fois, j'avais envie de me jeter par la fenêtre ... Ils ont osés! On dirait une parodie de la compagnie créole! Et passé le cap de vouloir se défenestré, on reste très mal à l'aise, mais on ne sait pas si c'est pour nous ou pour eux. "Order Of The Universe", quant à lui, flirte entre le générique d'Intervilles et celui de Denver ... Si, si!

Pourtant, on arrive des fois à éprouver du plaisir à l'écoute de ce disque, mais rien à faire, on ne peut rester aveugle aux interventions nauséeuses de Wakeman, elles nous rattrapent et parviennent malgré tous nos efforts inimaginables à contenir le reste et à écœurer notre système auditif. Car elles façonnent les ambiances, ce qui fait la couleur au morceau. Ce qui a une importance capitale. On dirait que cet album ... a été conçu pour les enfants!

Conclusion: un album qui aurait pu être potentiellement bon mais massacré de manière grotesque par les sons d'époque. Malgré quelques folies fortement appréciables, cela en fait quelque chose d'extrêmement indigeste, écœurant, voire même déprimant ...

Note: 12/20

Deep Purple - Fête de L'Humanité

13 septembre 2009

Après un mois d'absence (et l'attente latente de ma chronique sur le dernier Supersilent, il est vrai), me revoilà. Le week-end presque terminé, j'aimerai revenir avec vous sur la plus célèbre manifestation communiste française, la fête de l'humanité. Ou plutôt ce qui m'y a fait venir, en l'occurrence Deep Purple.

Je n'y étais jamais allé, et je dois avouer qu'il fallait que j'y m'y ramène au moins une fois, par curiosité. Et je dois dire que ce fût moins stéréotypé que je ne le pensais. Alors oui, bien sûr, les hippies chevelus, divers fêtards et ouvriers franchouillard se côtoyaient dans une ambiance solidaire et conviviale entourés de déchets cosmiques et malodorants qui en faisait inévitablement son charme, une ambiance de festival quoi.

Mais c'est avant tout de Deep Purple dont j'aimerai parler, qui se présentait incontestablement comme la figure de proue musicale de cette énième édition de ce festival atypique. C'est vers 21h30 que des amis à moi (tous chevelus il est vrai) et moi-même progressions gentiment vers la grande scène, bondée au possible où nous devions lutter avec hargne pour se retrouver un minimum en face d'elle (même si ma petite taille ne me permit de voir que l'écran géant se situant à sa droite) pour que le show ait tout de même un intérêt. Le concert avait déjà commencé et nous étions (enfin) calés.





N'étant pas un fin connaisseur de Deep Purple, mon avis se concentrera uniquement sur leur jeu de scène et la qualité de leurs morceaux, ce ne sera pas la chronique d'un fan qui pu jouir de l'interprétation de tel ou de tel morceau. Ce concert fût à moitié une découverte. D'ailleurs, je n'étais sûr que de l'identité du bassiste et du guitariste, Roger Glover et Steve Morse, contrairement aux autres où j'avais un doute (d'ailleurs, j'ai eu l'impression que ceux qui m'entouraient n'avaient pas l'air très renseignés non plus). Et c'est donc dans une ambiance mi-figue mi-raisin que débute le show des vétérans d'un Hard-Rock essuyé et teinté de parties quelque peu progressives qui avaient leur gloire dans les années soixante-dix. Mais je dois dire que je fût quelque peu déçu de leur prestation. Certes, après 40 ans de carrière, ils ont de bons restes et ils parviennent à maintenir un public, surtout quand il est assez imposant comme celui-là, mais c'est plutôt musicalement que cela m'é déçu. Oui, Deep Purple, c'est du bon. Ca dépote, c'est bon à entendre, mais les titres manquent clairement d'identité et de couleur. C'est un Hard-Rock chaleureux, mais un peu trop. Malgré quelques interventions au claviers (notamment au Moog, très réussies) notables, je ne trouvais pas l'extase musicale auquel je pouvais m'attendre avec un groupe de cette envergure.

Pourtant, le jeu des musiciens étaient bon, il y a juste Steve Morse que j'ai un peu de mal à encadrer avec sa dégaîne de guitar-hero potentiellement détestable, surtout que son jeu guitaristique n'était pas non plus flamboyant. Certes, le rendu musical était clairement honorable, ce fût un bon concert, mais cela sentait le réchauffé. Cela manquait de crédibilité. En plus de ça, j'ai trouvé le public relativement mou par rapport au nombre de personnes présentes. Il ne s'est vraiment manifesté que sur la fin du concert avec Perfect Strangers et Smoke On The Water (que j'ai d'ailleurs de plus en plus de mal à supporter malgré mon enthousiasme lors de son interprétation ... On ne peut pas faire tout le temps son rabat-joie ...)

Conclusion, un concert agréable, sans folie et sans surprises, le strict minimum. Malgré une envie notable des 5 musiciens, ce fût mou. En tout cas, ils m'ont tout de même donné envie de jouer à la fin de leur set, qui dans un sens, est positif.