Hugh Hopper n'est plus!

5 juillet 2009

Hugh Hopper est mort le 7 juin dernier à l'âge de 64 ans d'une leucémie qu'il avait contractée l'année dernière, 3 ans après celle de son acolyte saxophoniste Elton Dean.

Et cette nouvelle, je ne l'ai apprise que tout à l'heure (on ne peut pas dire que Hugh Hopper soit un musicien très médiatisé ... De plus, des amis fans de Soft Machine, j'en connais assez peu) et elle m'a emmerdée et elle m'a surtout attristée. Hugh Hopper faisait parti de mes bassistes préférés, ceux qui osaient faire un peu tout avec une 4 cordes, par delà son jeu sobre et austère, il imposait une rythmique lourde et exquise, sans jamais tomber dans l'excès technique en faisant sonner et durer les notes de façon à mieux les apprécier, privilégiant la couleur du son plutôt que de la saturation excessive qui pourrait en découler.




Hugh Hopper | 1945 - 2009


Mais en dehors de cela, Hugh Hopper était un personnage. L'air grave et lourd, son visage paraissait impénétrable, d'un aspect extérieur incroyablement austère, on n'avait pas de mal à imaginer une imagination et une fraîcheur de vivre du son à travers l'importance capitale qu'il portait à son instrument. Un sage en perpétuelle recherche philosophique à travers ce qui le faisait vibrer, une jouissance, mais intime.

Repose en paix, novateur posé de musiques complexes ...

Le réflexe photo-sternutatoire

30 juin 2009

Cela faisait fort longtemps que je voulais créer un article là-dessus, c'est maintenant chose faite.

Depuis tout petit, la lumière est pour moi une sorte de stimulant naturel à l'aide du développement de l'éternuement quand il se fait tardif (et ce qui, avouons-le, est insupportable), sauf que j'ai toujours pensé que cette caractéristique amusante et inexplicable s'accordait à tous les êtres humains. Erreur! C'est une anomalie génétique! C'est plus exactement une "transmission autosomique dominante"

C'est intéressant comme terme non? Nous sommes en quelque sorte des êtres mal formés. Et depuis que j'ai pu mettre un nom à cette chose, je me suis mis en tête de faire de fructueuses recherches. Sauf que le réflexe photo-sternutatoire étant très peu répandu dans nos principales cultures, la tâche s'est avérée délicate (Il faut voir pour cela le nombre très réduit de références sur les principaux moteurs de recherches). Le problème de cette pathologie inutile, c'est que cela ne sera pas compris par votre entourage; Eternuer en regardant la lumière, cela apparaît extrêmement irrationnel. Et cela l'était également pour moi jusqu'à ce que j'en découvre la définition. D'après les théories de plusieurs médecins s'étant penchés sur la question, cela serait une anomalie congénitale touchant les signaux nerveux dans le noyau du cinquième nerf crânien appelé nerf trijumeau. Or sur les 17 à 25% des êtres humains touchés par cette maladie, il se peut que le nerf optique 'court-circuiterai' le nerf déclencheur de l'éternuement, ce qui créerait également ce fameux piccotement nasal, précédent l'éternuement du à ce court-circuit.


(*)


Même si ce réflexe idiot mais inévitable n'a rien d'offensif, vous ne pourrez par exemple jamais devenir pilote de chasse! La lumière vous ferez perdre totalement le contrôle de votre appareil, ce qui générera beaucoup de stress pour vos collègues qui vous entoureront. Et pour vous par la même occasion.

Et je dois vous dire que cette chose est une bénédiction sur le plan personnel. Cela va vous paraître idiot, mais le fait de posséder une caractéristique que seule possède de 17 à 25% des êtres humains me rempli d'une indescriptible joie, atteignant en quelque sorte l'anti-conformisme ultime ... Je vous assure, c'est extrêmement jouissif! Et c'est pour cette raison que je le défens ardemment, comme la cause de l'inexpliqué et de l'innaccessible, porte-parole d'un nouveau mouvement philosophique sur une base nulle et extrêmement superflue. Je me suis même mis en tête de faire une campagne pour savoir si les gens m'entourant en sont atteints (Cela s'est révelé peu fructueux, car 2 personnnes sur une bonne quarantaine se sont révélées positives)

(*Bien entendu, le réflexe photo-sternutatoire n'est en aucun cas mortel, mais la représentation aggressive de ce soleil ne pouvait que coller au contenu de mon article)

Le Kikoolol

29 juin 2009

C'est un terme que je connais depuis peu mais les gens qui en sont issus me sont étrangement (et malheureusement) très (trop?) familiers. Un Kikoolol, qu'est-ce que c'est? Après plusieurs journées d'intenses réflexions à ce fructueux sujet, j'en ai déduis que c'étaient des sortes d'alternatives comportementales d'un "Kévin" avec un côté plus sérieux et plus crédible d'un point de vue extérieur, manifestant surtout son côté pathétique à travers le monde du net, d'où le terme dont il est issu.

Parce qu'avant de démarrer à bon escient cet article, un peu d'étymologie s'impose. "Kikoolol" vient du geek ancient 'Kikoo', alternative littérale du français 'Coucou' et du terme "Lol", s'étant multiplié à plus grande échelle qu'un virus dans notre monde réel et que l'on ne présente plus. LOL (rien qu'à devoir l'étaler, cela me fait mal au coeur) est l'abréviation de "Lot Of Laughs", venant de l'anglais et que l'on pourrait traduire littérallement par "Pluie de rires, beaucoup de rires" en français, exprimant quelque chose provoquant beaucoup de rire. Sauf qu'à une certaine époque - il y a quelques années - ce terme n'était connu que dans le monde fermé de l'informatique, de l'internet et des chats IRC, époque mémorable où les Kikoolol n'étaient pas encores sortis de leur tanière. Mais depuis quelques temps, avec l'expansion de logiciels de chats, de communication, de blogs et de diverses plate-formes d'hébergement photos en toute sorte, le monde du web s'est élargi dans le sens où tout le monde pourrait comprendre ce qu'il fait, comme si le monde du web avait "assagi" ses programmes en dénaturant tout leur côté scientifique qui lui collait si bien à la peau jusqu'ici.

Et le 'Kikoolol' est justement une personne qui va abuser irritablement de ces 2 termes. Le Kikoolol est pour faire simple un être naïf qui va rarement chercher par soi-même le fond des choses et aura plutôt tendance à suivre aveuglement une tendance, sans analyser le fond de sa pensée. Il y a plusieurs aspects qui sont assez rapidement remarquables sur un Kikoolol: sa façon de parler, sa façon de s'habiller et sa façon de penser. Le Kikoolol ultime est un internaute qui possèdera un Skyblog, un Facebook et qui communiquera (mal) sur MSN, et un dehors de tous le côté logiciel, le Kikoolol se fera rarement son propre jugement, on ne peux pas avoir de discussion passionnantes avec lui car la plupart du temps, il n'a pas grand chose à dire.

Et cette façon d'abuser des termes "Lol" et "Mdr" est très caractéristique du Kikoolol (oui, sinon il ne s'appellerai pas comme ça ...), comme si en quelque sorte ces termes étaient devenus des outils de ponctuations à part, correspondant à un language très spécifique. Car si vous avez un jour une discussion avec un de ces êtres, il vous collera un "lol" à la fin de chacune de ses interventions même si ce que vous lui raconterez n'a absolument rien de comique, ce qui peut prêter à la confusion et à l'incompréhension les premières fois. Le Kikoolol ultime possède également un skyblog où ses articles seront pour la plupart constitués de photos montrant sa vie avec ses autres amis Kikoolol qui seront presque dénués de textes et où les commentaires qui y seront issus ne sont guère mieux. Le Kikoolol utilise également quantité innombrable de smiley inutiles, pour en quelque sorte combler ce vide sidéral argumentatif dont l'expression des smileys qu'il étale le remplace. Le Kikoolol est toujours joyeux et enthousiaste, il ne pèse pas ce qu'il fait et ce qu'il dit, il recherche le bonheur simple et furtif, vivant dans un conformisme extrême.

Le problème, c'est que c'est une culture principalement issue des jeunes adolescents et jeunes adultes, par leur aspect puérile et enfantin. Mais cela commence également à toucher le public adulte, celui qui découvre naïvement les joies de l'informatique. Car un autre point du Kikoolol que je n'avais pas souligné mais qui n'est pas sans importance est son refus TOTAL de faire les choses par lui-même et de chercher des solutions aux problèmes qu'il possède avec son ordinateur où ayant un lien avec ce dernier. Le kikoolol s'irritera très vite et préfèrera abandonner son problème plutôt que de prendre 5 minutes intelligement placées qui le réglerait. Et sur ce "nouveau public adulte qui découvre l'informatique", leurs réactions ne sont pas si différentes que cela, je dirais qu'elles sont même très liées. Car en dehors du fait qu'elles ne feront jamais l'effort de comprendre les problèmes dont elles se font envahir (et qui constitue qui plus est des problèmes d'une simplicité affligeante pour la plupart des cas), elles s'immergent progressivement de la culture "MSN" et toutes les merdes publicitaires cachées qui y sont liées. Elles pourront potentiellement croire tout ce qu'elles verrons malgré l'aspect résolument absurde et grotesque de certaines manifestations venant du monde éparse du net, et de toutes les merdes qui peuvent en être issues. Et l'adulte en devient progressivement un, se rangeant également dans un conformisme ultime. Mais là où c'était plus où moins défendable concernant les jeunes adolescents, cela l'est beaucoup moins concernant les quadragénères has-been qui s'y trouvent confrontés.

Je dois vous avouer que j'ai quelques "kikoolol" éparpillés dans mes contacts. Mais certains kikoolols ne seront kikoolols que quand ils seront en face d'un ordinateur et d'un autre internaute. Alors qu'ils peuvent être radicalement différents dans la vraie vie (ou du moins, n'ayant plus cet enthousiasme naïf et chronique, présentant un peu plus de retenue) Et il est vrai que je discute assez rarement avec eux, parce que outre l'aspect irritant de leur démarche, je ne vois pas en quoi cela m'apporte, ils sont d'un inintérêt total. Et comme le kikoolol parle toujours pour rien dire, la discussion ne mène nulle part et dès que tu abordes quelque chose d'un poil plus recherché, subtil où lorgnant extrêmement légèrement vers quelque chose où cela demande un minimumde réflexions, le kikoolol répondra par :"Whaou, mais c'est trop compliqué ton truc! Mdrrrr XD!!!!"

D'ailleurs, j'ai assez peu mis d'exemples concret de tout ce que je viens de vous parler dans cet article, mais celui venant du site de la désencyclopédie sera très explicite et je pense que vous pourrez mettre très prochainement des noms et des visages sur cette pathétique particularité! Sur ce chers amis, bonsoir!

Découverte: Supersilent

21 juin 2009

Je viens d'avoir une idée. A partir de maintenant, à chaque fois que je ferais une nouvelle découverte musicale riche, je la poserais ici pour en donner mes impressions. Car chaque année, un groupe m'attire et qui en fait une véritable révélation sonore. Je dis 'un groupe' mais il peut y en avoir plusieurs. Et qui font que ces fameuses révélations se rangent dans la catégorie ô combien convoitée mais sous cette appellation un peu désuète des 'groupes préférés'. En 2007, ce fût Yes, en 2008, ce fût Gentle Giant, Tangerine Dream et le Krautrock ... Et sauf qu'en cette blême année 2009, il n'y a toujours aucun groupe qui me marqua comme ceux qui m'avaient marqué lors des années précédentes. Et cela me frustre! Malgré d'innombrables recherches de nouvelles sonorités, en allant désespérément vers l'extrême et l'underground, je ne fus pas récompensé. Tout ce que je trouvais n'étaient que de vulgaires resucées de groupes déjà existants (même si certains s'avéraient très agréables à l'écoute ceci dis), comme si le monde de la musique était dans une inflexible suspension et que rien de novateur ne pourrait être à nouveau publié ...

Je me répétais inlassablement cette remarque fataliste pendant de nombreux mois jusqu'à ce que je tombe sur Supersilent. C'est en lisant quelques chroniques sous l'appellation ô combien délicieuse du genre 'ovni musical' sur le site 'Guts Of Darkness' que je fis la connaissance de l'univers d'une implacable sobriété de ces jazz-men norvégiens. Tous leurs projets discographiques sont radicalement et volontairement abstraits. '1' pour leur premier album, '2' pour leur deuxième et ainsi de suite. Leurs pochettes respectives sont uniformes, où juste la couleur se substitue. Mais malgré cette sobriété excessive se cache une musique d'une impensable audace sous fond de brèves séquences sonores dont on ne pourra dire si elles sont apaisantes ou non, comme une sorte d'alliage synthétique entre des cloches tubulaires en suspension dans l'atmosphère et le pédalier moisi et humide d'un vieil orgue d'église. C'en est bouleversant.


Titre "6.2" extrait de l'album "6":




Car l'aspect résolument novateur de leur musique dont je parlais plus haut est surtout que c'est une musique, un son, que je n'avais jamais entendu et perçu auparavant et dont j'ignorais même l'existence! Ce qui relève de l'impensable de nos jours! Car Supersilent est un groupe moderne et cela s'entend. Cela est également étonnant et rassurant de voir que l'on peut-être agréablement surpris par des groupes ne venant pas systématiquement des illuminations structurelles et sonores des seventies.

Chez Supersilent, les percussions sont anarchiques, les vagues sonores indescriptibles, tantôt menaçantes, tantôt apaisantes. On se croirait dans une cathédrale d'une grandeur inégalable de plastique mou aux contours incertains et indéfinis ... Une sorte de méditation acoustique sous fond d'univers pâteux que seuls certains rêves enfouis pourront y faire allusion ... J'ai commandé il y a peu leur dernier album en date, 8 dont je vous narrerai les détails très prochainement.


Fiche:

Artiste: Supersilent
Genre: Avant-Garde / Électroacoustique
Origine: Norvège
Nombre d'albums: 8
Années d'activité: 1997 - maintenant