Il y a de cela quelques semaines, je me procurais l'ouvrage ô combien complet de Christophe Pirenne: Le Rock Progressif Anglais (1967-1977) ...
Et la chose globale que j'ai pu tirer de cette haute analyse progressiste est que j'ai appris tout un tas de choses ... Ce livre, est plutôt une thèse musicale sur le mouvent qui a accompagné le Rock Progressif de l'ère des Beatles jusqu'à son terme créatif à la fin des années 70's. Ce livre analyse avec brio l'impact du Rock Progressif sur l'aspect social, qui, dans ce domaine, est la plus grande réussite et également applaudir le travail d'acharnement que l'auteur a du accomplir pour pondre quelque chose d'aussi poussé, d'un point de vue musicologique ...
Cet ouvrage se divise en plusieurs chapitres;
1. Le concept de musique progressive dans le rock
L'auteur met sur le devant les premières innovations structurelles de la musique Pop de la fin des années 60's, et présente 2 piliers majeurs et fondateurs, non directement, du mouvement complexe du Rock Progressif qui connaîtra ses heures de gloire au début de la décénie suivante; Les Beatles et Les Beach Boys. Qui remettent en question "les fondements de la musique Pop". Cette partie de ce chapitre explique de manière progressive ce qui a déclenché cette volonté de partir plus loin, de se risquer à quelque chose de plus complexe, cette recherche de renouveau accentuée par une Angleterre relativement prospère à l'époque.
Etrangement, tous les groupes "Pop" innovant d'une manière très infime étaient catégorisés de Rock Progressif ... Ce que les firmes de disques ont compris très tôt en se ruant sur ce nouveau terme et cette nouvelle approche musicale, plus complexe, plus novatrice. Tout le monde était mis plus ou moins dans le même panier.
2. La création du Rock Progressif
Le Chapitre 2 met plus en avant les structures de ces 2 groupes fondamentaux et leur approche qui a inspiré une rimbambelle d'artistes voulant pousser cette progression beaucoup plus loin que leurs illustres aînés. Les Moody Blues font leur apparition dans cette partie. Une suite chronologique et plus travaillé par rapport au Chapitre 1 qui servait avant tout "d'introduction complète"
3. La vogue du Rock Progressif
Le Chapitre 3 est le chapitre le plus "technique" du livre, musicalement parlant (et également le plus long, dans son contenu). Il analyse des oeuvres majeures du Rock Progressif dans une profondeur excessive, en faisant comparaison des différents points de vue musicaux des protagonnistes nottament l'ajout très intellectualisé de partitions et d'analyses purement théoriques ou structurelles.
Bien entendu, lire une analyse de 8 pages sur un album que vous n'avez jamais écouté pourra malheureusement s'avérer extrêmement ennuyeux (Etant un faible connaisseur de Genesis, l'analyse poussée de Foxtrot ne m'a pas spécialement captivé) mais au contraire, celles de Tarkus ou de In The Court Of The Crimson King m'ont purement et simplement emerveillées tel le jeune fougueux assoifé de connaissance progressiste que je suis ...
4. Les conditions du Rock Progressif
Le Chapitre IV représente la partie la plus intéressante du livre, car elle touche surtout l'aspect sociologique qu'à eu l'impact du Rock Progressif sur les gens et également les méthodes d'enregistrement, le matériel utilisé et l'adapdation de la modernisation des synthétiseurs dans l'évolution de la musique progressive. Comme liée par le progrès ...
5. L'art du Rock Progressif
Le Chapitre V met en devant les influences majeures des musiciens de Rock Progressif, l'alternation controversée des thèmes optimistes ou négatifs optés par ces même musiciens, les choix de timbres et de mètre et des différences, même minime temporellement parlant, de générations et d'approche de la musique ... Epilogue bouleversant d'une thèse qui ne l'est pas moins ...
Les points négatifs de ce livre pourrait intervenir dans le placement de schémas musicaux pas spécialement fiables ou d'analyses un peu trop poussées perdant un tantinet sa crédibilité, comme le graphique "d'influences musicales revendiquées", la catégorisation de certains groupes par "échantillons représentatifs", les chémas de structure lyrique qui ne vont pas totalement au bout de leur démarche respective; et paraissent un peu bâclé.
Pour conclure, je tenais à remercier vivement l'énorme travail d'archive qu'a du optée l'auteur pour nous offrir ce point de vue beaucoup plus clair et ô combien complet sur un genre qui ne l'est pas moins ... Modestement, ce livre est devenu en quelque sorte ma bible musicale ... Et malgré sa pochette austère, ajoute un côté intellectuel à l'image des artworks de Soft Machine; par exemple ...
Christophe Pirenne - "Le Rock Progressif Anglais (1967-1977)"
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Catégorie Chroniques Littéraires
Tangerine Dream - Stratosfear
Artiste: Tangerine Dream
Album: Stratosfear
Année de sortie: 1976
Durée: 35:23
1. Stratosfear (10:38)
2. The Big Sleep In Search Of Hades (4:34)
3. 3 A.M. At The Border Of The Marsh From Okefenokee (8:51)
4. Invisible Limits (11:36)
Line-Up:
Christopher Franke: Synthétiseur Moog, Organ, Percussions, Loop Mellotron, Harpsichord
Edgar Froese: Mellotron, Synthétiseur Moog, Guitares 6 & 12 Cordes, Grand Piano, Guitare Basse, Mouth Organ
Peter Baumann: Synthétiseur Moog, Project Electronic Rhythm Computer, Fender E-Piano, Mellotron
Chronique:
Stratosfear est un album transitoire dans la discographie de Tangerine Dream ... Il associe chaleur ... La cristallisation et le noir spatial que Zeit ou Phaedra retranscrivais à merveille ... C'est également le début d'albums beaucoup plus accessibles pour les néophytes dans le genre et une nouvelle ère dans le monde de la Musique Électronique.
Sur Stratosfear, nous avons atterris sur un monde encore plus lointain que Phaedra ... Comme si nous avions découvert une nouvelle planète semblable à la notre ... Mais toute emprunte de chaos et de désolation ... Une sorte de mélancolie fataliste que l'on imprègne à plein poumons ... C'est la fin ... Mais c'est beau ... Stratosfear sonne comme un épilogue contre-utopique majeure mais heureux et satisfaisant ... Comme si nous attendions avec une sérénité innébranlable, purement et simplement la fin du monde ...
C'est aussi l'un des albums les plus déstructurés de Tangerine Dream ... Mais étonnamment l'un des plus mélodiques, et cette mélodie comble cette déstructuration qui reste "transparente" aux yeux de l'ambiance de ce disque ... comme nous montre les très nombreux passages flutés de Peter Baumann ... Comme s'il voulaient capter les ambiances spatiales de Phaedra en ajoutant une touche plus chaleureuse et plus prévisible à leur musique ... Ces longues plaintes à l'Harmonica sur (attention, titre à la con en vue) "3 A.M. at the border of marsh from okefenokee" (Je ne vous cache pas que j'ai du zieuter mon livret pour pondre cette étrangeté littéraire XD) accentué par ces nappes de claviers apocalyptiques qui représente pour moi le plus gros de l'album en terme de sensations.
Stratosfear fait également parti du cercle très fermé des albums que nous ne pouvont comprendre ou percevoir ... Une ambiance. Un lieu. On ne sait pas ... C'est comme quand vous lisez un bouquin et que vous êtes dans l'incapacité de schématiser, de visualiser les lieux décrits devant la complexité voulue ou non de l'oeuvre malgré un acharnement intensif de votre esprit ... Cette même sensation domine à l'écoute de ce disque ...
Et un des changements de cet album est que ces morceaux, qu'on le veuille ou non, forment une sorte de "schéma", ce qui fait que l'auditeur pourra plus s'y retrouver que sur des albums beaucoup plus cahotiques et incohérents comme "Zeit". (Qui est excellent au passage, dans un registre radicalement opposé, certes, mais excellent ...)
"The Big Sleep In Search Of Hades" représente magnifiquement les contrastes qui opèrent tout au long de ce disque ... Introduction qui étonne par sa magnificence étonnamment modeste sonnant comme le début d'une sorte de voyage sphérique tout en ayant conscience de l'issue finale ... Ces périodes de turbulence accentuées de cristallisations sonores optimistes qui paraissent bien trop fausses telles absorbées par un chaos trop puissant pour qu'elles puissent se manifester ... Ce chaos qui gagne en ampleur ... Et que de doutes viennent renforcer cet état d'esprit ... Assez étrangement que cela puisse paraître, les ambiances ne sont pas si différents de ces prédécesseurs, c'est que là, TD les a toutes intelligemment rassemblées pour donner cet ovni musical, frustrant mais mielleux ... Mielleux et coloré ... C'est un rouge sombre, un rouge d'une agressivité astronomique qui domine cette atmosphère lointaine, à l'image de cette pochette qui ne l'est pas moins et qui prédomine cette sensation de "voyage vers l'infini"... Et d'ailleurs ... Stratosfear ... Si on le découpe littéralement, cela donne Stratofear = Stratosphere = Strato + Fear. Donc, la peur de devoir décoller de cette couche terrestre qui est rattaché à tous nos souvenirs de notre petite vie banale d'humain pour se tenter à un voyage semer d'embûches interstellaires, et qui, malgré sa magie hypnotisante, reste totalement imprévisible ...
"3. A.M. At The Border Of Marsh From Okefenokee" ... Est un morceau glauque ... Ces funestes gouttes reluisantes d'un pur macabre sonne le glas pour ceux qui auraient tenter le voyage un peu trop loin, qui, la faute d'avoir emprunté un chemin d'accès trop facile ou une idée trop préconçue sans avoir pris la peine de procéder par plans précis ... Notre voyageur se retrouve coincé mais tente d'en échapper comme nous le démontre ses marches rythmiques sonnant comme la fin d'une ère ... Mais c'est le chaos, une nouvelle fois, qui, à l'instar de Eiki' dans le bar de Georges, quelles que soient les faits et gestes, reste maître de sa catégorie en accompagnant toute forme de vie vers une totale désintégration accentué par cet harmonica maudit, prémice d'une future marche funèbre ...
"Invisible Limits" se démarque remarquablement des autres par un certain esprit d'optimisme non négligeable ... Une sorte de marche universelle vers un but commun ... C'est la fin du voyage ... L'étape finale en quelque sorte ... La vérité n'est plus très loin ... Cette guitare ... Oui! C'est une guitare! Un solo de guitare! (même si, avouons-le, il n'est pas très varié ...) Qui nous ramène petit à petit à un univers familier que nous avions quittés il y a tout juste 25 minutes ... Nous pouvons souffler, Nous avons atteins notre but! Le rythme s'intensifie avec ce clavier mielleux qui nous submerge de joie et d'émotion sous un thème bien précis qui renforce cette impression d'un contact connu d'autrefois ... Cette marche optimiste se conclut par une partie pianotée nous ramenant avec un certain sentiment de soulageant intensif après avoir fait un rêve particulièrement peu banal ...
Un rêve ... Ce genre de rêves inexplicables mais emprunt d'une beauté surnaturelle au réveil ... Tel est cet état qui prédomine à l'écoute de ce disque ...
Note: 16/20
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Catégorie Chroniques Discographiques
Interludes
Vous avez remarqué? La cadence de la parution des articles de ce blog se concocte de manière très irrégulière ... Mais d'un côté, manque de motivation ou réel manque d'inspiration? ... Je me pencherais plus simplement sur cette première ... La rédaction d'un article demande une certaine concentration intellectuelle qui peut s'avérer extrêmement dangereuse pour notre équilibre mental ...
Car il y a la malédiction de la page planche (en l'occurrence dans notre cas, de la page web blanche ... Mais le vice reste radicalement le même ... ), vous ne trouvez pas votre sujet, et quand vous le trouvez, vous ne trouvez pas les formules nécessaires à son contenu qui pourrait vous satisfaire ...
Et cet état, ô combien détestable, peut déstabiliser votre équilibre d'une manière relativement féroce ... Hargne désespérée, Énervements inutiles, regard fixe et emprunt de lividité sur votre mur opposé, jambes tremblotantes à tendance Parkisonnienne et un stress permanent que vous ne vouliez pas vraiment chercher initiallement ... Après être passé par ces interludes vacantes littéraires à tendance physique, une certaine lucidité vous remet sur place (en l'occurrence pour mon cas, un siège de bureau Ikea ... D'un côté, ça aurait pu être un lit à baldaquin que ça n'aurait pas changé grand chose au sujet ... Je m'égare, non?) et vous tenter de trouver l'inspiration autour de vous ... Avec cet acharnement abusif qui est capable du meilleur comme du pire ...
Et tout ce que je suis en train d'énumérer, je nage actuellement en plein dedans là où j'écris ces lignes ... Car il fallait juste trouver un lien littéraire entre mon dernier article et celui qui va suivre du à un espace beaucoup trop ... espacé entre ces 2 derniers ... (cruel manque de vocabulaire ... Mais d'un côté, je peux pas caler des "cosmiques" et des adverbes à tout bout de champ ...) Et à titre de comparaison ...
J'avais initiallement trouvé quelque chose de relativement comparatif mais après moult réflexions, je n'en ai pas été emballé ... Peut-être qu'un jour, j'arriverais à la retrouver ... Et cela pourra peut-être résoudre beaucoup de choses en ce funeste monde ...
En conclusion, je dirais que ces 10 jours d'absentéisme n'étaient purement que le fruit d'une fainéantise que je maudis tout autant que la panne d'inspiration et de ces symptomes indésirables ...
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Catégorie Divers
Jerry Uelsmann et le surréalisme cendré ...
Jerry Uelsmann est un photographe qui a combiné toutes sortes de choses pour créer un monde à part dans le domaine du surréalisme ... Ces entrecoupages photographiques sur fond d'univers dénué d'existence ou d'une existence passé, qui n'a pu supporter le poids du temps ... Les univers de Uelsmann sont relativement fatalistes ... C'est sombre, c'est froid, et comme de nombreux artistes mêlant surréalisme à la réalité et aux évènement d'apparence quotidienne, ces images restent relativement troublantes ... Mêler 2 mondes qui s'opposent brutalement sur le sens physique et psychique du terme ...
En dehors de l'aspect recherché et philosophique pour tenter de comprendre ce qu'a voulu faire transmettre l'artiste, ces oeuvres possèdent une fonction primaire dans l'art qui n'est pas à négliger et qui accentue pleinement cet aspect féérique: l'esthétique. Esthétiquement parlant, ces jeux de contrastes, dénué de vie, c'est à la fois limpide et curieusement beau ...
Et ce surréalisme ... C'est cette même sensation quand vous voyez une porte condamnée ou un escalier bouché ... C'est visuellement consternant et en même temps, on en éprouve presque de la peur! ... Parce que la connection logique de cette chose "physique" ne suit pas ... L'escalier ... Il n'y a pas de suite, il est bouché ... Et c'est un peu ce raisonnement qui se transmet à travers ses oeuvres ...
On imagine sans aucune tenue ces films d'atmopshère plutôt macabre mais cachant une subtilité déconcertante ... Ces univers qui font très "Tim Burtonesque" se rangent dans la même catégorie artistique que les oeuvres de Jerry Uelsmann ...
Mais en tant que bon fan de Rock et Metal Progressif qui se respecte, ma connaissance de cet artiste a été rentranscris musicalement et merveilleusement par Dream Theater (Je ne parlerais pas sur les nombreuses critiques extrêmes positives ou négatives envers le groupe et de ses choix douteux, il y a assez de forum pour ça) sur Train Of Thought, album le plus metal et (c'est surtout ça qui nous intéresse) le plus sombre ... Seules les oeuvres de Uelsmann pouvaient coller avec cette ambiance noire, imprévisible et sublime que le groupe a voulu transmettre ...
"Stream Of Consciousness"
(C'est relativement étrange, mais je trouve que cette dernière oeuvre possède une atmopshère à la "Images & Words" avec ses nuages servant détrange plafond à la pièce qui ne l'est pas moins)
Publié par Grodard Le Juste 0 commentaires
Catégorie Chroniques Picturales