Salutations Chers Lecteurs Imaginaires!
Aujourd'hui ... Ou ce soir plus exactement en vue de la noirceur nocturne qui siègent au dessus de nos toits ... Je vais vous parler d'un concert ... Et d'une déception démuni de nom tellement fût-elle astronomique ...
Pourtant,à première vue, l'affiche n'avait rien d'une soirée chiante en perspective: "Opeth + Guests" (Dont The Ocean et Cynic en première partie ... J'étais principalement venu pour ce dernier ... Je suis aussi, bien sûr, attentif à la rage mélancolique de nos 5 gaillards Suèdois en tête d'affiche ... Rage d'une froideur extrême qui caractérise la plupart de leurs albums.)
Et c'est avec beaucoup d'espoir que je me ramène dans le quartier ô combien pourri, délabré et détestable de Barbès-Rochechouart rejoindre un ami turc à moi, Sinan, également amateur de musiques progressives et expérimentales des années '70s dont le coin lui faisait penser à quelque quartiers d'Istanbul ... Anecdote Inutile? Peut-être ... Mais ne me cherchez pas, je serais capable de pondre 100 lignes avant de pouvoir parler du concert en lui-même ... Hihi, suis-je sadique!
Donc, nous nous pointons à l'ouverture des portes devant l'Elysée-Montmartre vers 19h00 que je considère comme l'une des meilleures salles parisiennes pour son ambiance, ni trop géant, ni trop exigüe et son son relativement bon, ni trop fort, ni trop brouillon ... Étant donné que j'y avais été déjà à 2 reprises (Angra et Pain Of Salvation situés entre Février et Mars 2007, dont je garde un excellent souvenir, je dois dire ...), je commençais à connaître le coin en pouvant le juger ...
(Et d'ailleurs, anecdote intéressante; les groupes que je suis allé voir dans cette salle ont toujours été des groupes dont je connaissais très peu leur univers musical ...)
Le temps de nous caler sur l'extrémité gauche poser nos fringues sur un vieux radiateur inactif, The Ocean commence à déballer son matériel et commence son set ...
Alors, The Ocean ... C'est un groupe possédant des idées, mais qui les exploitent très mal ... Le contraste entre passages atmosphériques variant entre un néo-Tangerine Dream et un Shalabi Effect et les gros riffs de tueur propres à de trop nombreux groupes de Death-Metal paraît beaucoup trop simple pour nos oreilles habituées à bien plus complexe ou alambiqué ... Malgré quelques plans sympa, notamment de la part d'un bassiste déchaîné (mais pas autant que son collègue guitariste de droite, qui lui, était carrément rigolo à observer ... Sans aucun sens péjoratif, je vous assure, il m'a vraiment fait marrer!)
Leurs morceaux restaient malheureusement dans la même optique et la même structure ... Malgré tous ces points négatifs, ce n'était pas spécialement désagréable ... Les musiciens possédaient une technique excellente malgré l'absence regrettable de solis ... Maintenant, nous pouvons sortir le grand jeu ... Place à Cynic!
Je faisais également remarqué à Sinan que c'était la première fois que j'assistais à un concert en priorité pour un groupe qui n'était pas en tête d'affiche ... Et ce que je peux vous dire, c'est que j'en ai retenu la leçon ...
Les membres du groupe s'occupent des derniers préparatifs et commencent timidement leur set ... Alors que la lumière de l'entracte est toujours présente ... Pourtant, je n'en ai pas fait attention sur le moment, beaucoup plus focalisé sur la technique et la sagesse qu'incarnent ces talentueux musiciens officiant dans un style relativement éclectique mêlant Death Metal, Metal Progressif et Jazz Fusion ... Nunc Fluens suivi de peu par The Space For This, tout nouveaux qu'ils le sont, tout droit sortis de "Traced In Air" (2008, Seasons Of Mist) dont Paul Masvidal (Guitare et Chant) en fera une promotion d'une manière relativement peu orthodoxe à la fin de Evolutionary Sleeper, également issue du dernier album mais jouée depuis leur reformation de 2007.
Le son fût appréciable, on entendait relativement peu les "Death-Growls" du nouveau venu, Tymon Kruidenier, second guitariste reprenant le rôle de Jason Gobel sur l'album Focus ... Et justement! On ne faisait que de l'attendre après ces 3 premiers nouveaux titres! Cynic nous balance un bon vieux "Veil Of Maya" des familles renouant avec une agressivité qui manquait beaucoup à leurs dernières œuvres ...
Alors que l'on commençait à vraiment se fondre dans leur univers, le groupe entame King Of Those Who Know, un petit nouveau également ... Presque immédiatement après la dernière note, Cynic s'en vont de la même manière qu'ils sont entrés: furtive ...
Je suis resté bouche-bée ... Je ne pouvais croire à quelque chose d'aussi bref et exécuté avec aussi peu de convictions de la part de ce groupe ... Leur performance relevait plus de la vulgaire promotion qu'à un véritable concert d'où le faible nombre de représentants de Focus ... La hantise des premières parties ...
La seconde entracte fût jonchée de questionnements intérieurs que je ne pouvais que partager avec les gens qui m'entouraient ... Sauf que les fans de Cynic se faisaient relativement absents autour de moi, de sorte que peu de personnes connaissaient vraiment le groupe et n'ont pas eu la meilleure image que le groupe aurait du véhiculé ... C'est également à ce moment que je vis apparaître un ami du forum RML qui était venu pour les mêmes raisons ... Il compensa sa consternation à la buvette de la salle et parti aussitôt, sans même écouté une seule note de Opeth ...
Et c'est à contre-cœur, que nous voyions, Sinan et moi, Opeth arriver, ayant toujours le goût amer de Cynic dans la bouche ... Et ils avaient intérêt à sortir quelque chose de démentiel pour nous faire oublier notre déconvenue précédente! Sauf, que concernant ceci, ce fût également une déception ... Ils n'ont pu retranscrire leurs ambiances si caractéristiques de leurs albums en concert ... Les morceaux furent relativement bourrins et la plupart dénués de subtilité ... Ne connaissant que le premier album et de 2-3 titres par ci par là, ce fût relativement maigre pour s'imprégner de leur son ... D'ailleurs, ils n'ont rien joué de l'unique album que je connaissais ...
C'est une des rares fois où je me suis fait chier à un concert ... D'ailleurs, j'ai fait un p'tit tour sur différents forums et j'ai pu voir que certains fans d'Opeth étaient également déçus, pour des raisons similaires ou non ... Le temps d'aller chercher l'album et le T-Shirt et nous étions partis ... Sans que nous ayons pu digérer le concert moyen auquel nous avons assistés ...
Opeth + Guests
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Catégorie Revues de Concert
Le Juste et La Flûte
Saintes Salutations!
N'ayant aucun sujet palpitant à déféquer sous la main, je propose un petit changement de méthode articlistique ... (pour vous prouvez le cruel manque de conviction de ma part, j'ai mis 5 minutes à pondre ces 2 lignes ...)
Finalement, je vous ai raconté ça, mais je ne n'ai toujours pas idée de quoi cet article sera constitué ... Je regarde autour de moi et j'observe avec un certain sens malicieux ma flûte qui est posée magistralement sur mon pieu ... Oui! je me suis mis à la flûte! ... Instrument auquel je vouais beaucoup d'admiration pour cette sonorité chaleureuse et coloré, sonorité venant au fin fond de vos tripes, et ô combien subtile ... Ce n'est que moyennement étonnant qu'elle ait été si présente dans le mouvement Progressif, que ça soit dans l'étalage de mélodies mielleuses ou dans des expérimentations ou improvisations plus tortueuses ... Mais assez étrangement, quel que soit la manière dont son son est extrait, la flûte reste un instrument qui passe partout ... Quel que soit le son que vous déployez sur n'importe quelle gamme, le rendu restera joli ... Comme si, au final, elle possèdait un aspect plus "percussif" que mélodique, à l'instar d'instruments idiophones comme le xylophone, le marimba ou le glockenspiel ... Comme si sa cadence prenait plus d'importance sur son contenu mélodique ... Ce qui serait relativement paradoxal pour un instrument plutot utilisé pour sa couleur harmonique ...
Pour revenir au sujet initial, c'est un instrument qui m'a toujours fasciné, et qui, à mes yeux, me paraissait relativement abordable techniquement parlant ... Finalement, ce ne sont que des doigts à placer sur des clés tout en soufflant comme on soufflerait au goulot d'une bouteille lors de passionantes soirées arossées entre amis ... Et ce n'est pas spécialement sur la façon de souffler qui m'a le plus dérangé (au bout de quelques essais, on parvient à capter sans trop d'encombrements la bonne position), mais surtout au niveau des mécanismes complexes tout le long du tuyau ... Et certains, je dois admettre, dont je n'ai pas encore compris leur utilité ...
Et chose que j'ignorais "également" réside dans l'accentuation de sons, nottament la montée d'octave que l'on obtient en soufflant plus fort ... (Bien entendu, je ne suis pas encore au stade de souffler fort dans le grave sans systématiquement monter dans l'aigu, exercice, qui doit, demander beaucoup d'entraînement bucale ... Et vice versa) ... Et j'ai été agréablement surpris de voir comme il était simple de monter d'octave ... Souffler doucement ... Et petit à petit accentuer son souffle pour atteindre l'octave supérieure ... C'est simple, limpide et naïvement jouissif ...
Cette méthode, ou ce plan, ou plutôt cet exercice ô combien banal (à titre de comparaison, qui correspondrait un peu ... Au jeu à 2 doigts à la basse ... A la portée du premier venue, donc) se trouve dans un de mes morceaux préférés de Camel (Groupe Britannique Progressif, je suis certain que vous l'auriez deviné!), "Supertwister" exécuté par Andrew Latimer (Guitare, Flûte et Chant à 1:28).
Et j'étais, à chaque écoute, admiratif de ce passage ... En me disant systématiquement "Whaou ... ça sonne super joli ce passage! ... Et ça doit être relativement ardu à placer!" ...
Quel naïf je fus ... XD
Sur le souffle par contre ... Je ne m'attendais pas à être aussi en difficulté ... Malgré mes 7 ans de trombone, je ne parviens à garder un souffle raisonnable par rapport à de nombreux passages flûtés que j'ai analysé de la part de mes groupes préférés ...
J'en ai donc déduis qu'il y avait aussi un entrainement pour ça ... Et la chose qui m'inquiète, c'est que je me fatigue très vite (à l'instar du trombrone d'ailleurs ... Qui, après, une demi-heure, multiplie le volume de mes lèvres par 3 ...) ... Je ne dirais pas essouflé, mais une sorte de fatigue crânienne pas des plus agréables ...
Malgré ce dernier point négatif, je dirais que mon apprentissage se déroule d'une manière satisfaisante ... Je m'étais même enregistré un soir pensant avoir trouvé un bon truc ... Je vous en laisse juge! XD
(Après l'avoir réécouté ... J'ai jugé sage de ne pas vous le transmettre ... Ce fût plus mauvais que je ne pensais ... T_T)
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Catégorie Sonorités
Christophe Pirenne - "Le Rock Progressif Anglais (1967-1977)"
Il y a de cela quelques semaines, je me procurais l'ouvrage ô combien complet de Christophe Pirenne: Le Rock Progressif Anglais (1967-1977) ...
Et la chose globale que j'ai pu tirer de cette haute analyse progressiste est que j'ai appris tout un tas de choses ... Ce livre, est plutôt une thèse musicale sur le mouvent qui a accompagné le Rock Progressif de l'ère des Beatles jusqu'à son terme créatif à la fin des années 70's. Ce livre analyse avec brio l'impact du Rock Progressif sur l'aspect social, qui, dans ce domaine, est la plus grande réussite et également applaudir le travail d'acharnement que l'auteur a du accomplir pour pondre quelque chose d'aussi poussé, d'un point de vue musicologique ...
Cet ouvrage se divise en plusieurs chapitres;
1. Le concept de musique progressive dans le rock
L'auteur met sur le devant les premières innovations structurelles de la musique Pop de la fin des années 60's, et présente 2 piliers majeurs et fondateurs, non directement, du mouvement complexe du Rock Progressif qui connaîtra ses heures de gloire au début de la décénie suivante; Les Beatles et Les Beach Boys. Qui remettent en question "les fondements de la musique Pop". Cette partie de ce chapitre explique de manière progressive ce qui a déclenché cette volonté de partir plus loin, de se risquer à quelque chose de plus complexe, cette recherche de renouveau accentuée par une Angleterre relativement prospère à l'époque.
Etrangement, tous les groupes "Pop" innovant d'une manière très infime étaient catégorisés de Rock Progressif ... Ce que les firmes de disques ont compris très tôt en se ruant sur ce nouveau terme et cette nouvelle approche musicale, plus complexe, plus novatrice. Tout le monde était mis plus ou moins dans le même panier.
2. La création du Rock Progressif
Le Chapitre 2 met plus en avant les structures de ces 2 groupes fondamentaux et leur approche qui a inspiré une rimbambelle d'artistes voulant pousser cette progression beaucoup plus loin que leurs illustres aînés. Les Moody Blues font leur apparition dans cette partie. Une suite chronologique et plus travaillé par rapport au Chapitre 1 qui servait avant tout "d'introduction complète"
3. La vogue du Rock Progressif
Le Chapitre 3 est le chapitre le plus "technique" du livre, musicalement parlant (et également le plus long, dans son contenu). Il analyse des oeuvres majeures du Rock Progressif dans une profondeur excessive, en faisant comparaison des différents points de vue musicaux des protagonnistes nottament l'ajout très intellectualisé de partitions et d'analyses purement théoriques ou structurelles.
Bien entendu, lire une analyse de 8 pages sur un album que vous n'avez jamais écouté pourra malheureusement s'avérer extrêmement ennuyeux (Etant un faible connaisseur de Genesis, l'analyse poussée de Foxtrot ne m'a pas spécialement captivé) mais au contraire, celles de Tarkus ou de In The Court Of The Crimson King m'ont purement et simplement emerveillées tel le jeune fougueux assoifé de connaissance progressiste que je suis ...
4. Les conditions du Rock Progressif
Le Chapitre IV représente la partie la plus intéressante du livre, car elle touche surtout l'aspect sociologique qu'à eu l'impact du Rock Progressif sur les gens et également les méthodes d'enregistrement, le matériel utilisé et l'adapdation de la modernisation des synthétiseurs dans l'évolution de la musique progressive. Comme liée par le progrès ...
5. L'art du Rock Progressif
Le Chapitre V met en devant les influences majeures des musiciens de Rock Progressif, l'alternation controversée des thèmes optimistes ou négatifs optés par ces même musiciens, les choix de timbres et de mètre et des différences, même minime temporellement parlant, de générations et d'approche de la musique ... Epilogue bouleversant d'une thèse qui ne l'est pas moins ...
Les points négatifs de ce livre pourrait intervenir dans le placement de schémas musicaux pas spécialement fiables ou d'analyses un peu trop poussées perdant un tantinet sa crédibilité, comme le graphique "d'influences musicales revendiquées", la catégorisation de certains groupes par "échantillons représentatifs", les chémas de structure lyrique qui ne vont pas totalement au bout de leur démarche respective; et paraissent un peu bâclé.
Pour conclure, je tenais à remercier vivement l'énorme travail d'archive qu'a du optée l'auteur pour nous offrir ce point de vue beaucoup plus clair et ô combien complet sur un genre qui ne l'est pas moins ... Modestement, ce livre est devenu en quelque sorte ma bible musicale ... Et malgré sa pochette austère, ajoute un côté intellectuel à l'image des artworks de Soft Machine; par exemple ...
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Catégorie Chroniques Littéraires
Tangerine Dream - Stratosfear
Artiste: Tangerine Dream
Album: Stratosfear
Année de sortie: 1976
Durée: 35:23
1. Stratosfear (10:38)
2. The Big Sleep In Search Of Hades (4:34)
3. 3 A.M. At The Border Of The Marsh From Okefenokee (8:51)
4. Invisible Limits (11:36)
Line-Up:
Christopher Franke: Synthétiseur Moog, Organ, Percussions, Loop Mellotron, Harpsichord
Edgar Froese: Mellotron, Synthétiseur Moog, Guitares 6 & 12 Cordes, Grand Piano, Guitare Basse, Mouth Organ
Peter Baumann: Synthétiseur Moog, Project Electronic Rhythm Computer, Fender E-Piano, Mellotron
Chronique:
Stratosfear est un album transitoire dans la discographie de Tangerine Dream ... Il associe chaleur ... La cristallisation et le noir spatial que Zeit ou Phaedra retranscrivais à merveille ... C'est également le début d'albums beaucoup plus accessibles pour les néophytes dans le genre et une nouvelle ère dans le monde de la Musique Électronique.
Sur Stratosfear, nous avons atterris sur un monde encore plus lointain que Phaedra ... Comme si nous avions découvert une nouvelle planète semblable à la notre ... Mais toute emprunte de chaos et de désolation ... Une sorte de mélancolie fataliste que l'on imprègne à plein poumons ... C'est la fin ... Mais c'est beau ... Stratosfear sonne comme un épilogue contre-utopique majeure mais heureux et satisfaisant ... Comme si nous attendions avec une sérénité innébranlable, purement et simplement la fin du monde ...
C'est aussi l'un des albums les plus déstructurés de Tangerine Dream ... Mais étonnamment l'un des plus mélodiques, et cette mélodie comble cette déstructuration qui reste "transparente" aux yeux de l'ambiance de ce disque ... comme nous montre les très nombreux passages flutés de Peter Baumann ... Comme s'il voulaient capter les ambiances spatiales de Phaedra en ajoutant une touche plus chaleureuse et plus prévisible à leur musique ... Ces longues plaintes à l'Harmonica sur (attention, titre à la con en vue) "3 A.M. at the border of marsh from okefenokee" (Je ne vous cache pas que j'ai du zieuter mon livret pour pondre cette étrangeté littéraire XD) accentué par ces nappes de claviers apocalyptiques qui représente pour moi le plus gros de l'album en terme de sensations.
Stratosfear fait également parti du cercle très fermé des albums que nous ne pouvont comprendre ou percevoir ... Une ambiance. Un lieu. On ne sait pas ... C'est comme quand vous lisez un bouquin et que vous êtes dans l'incapacité de schématiser, de visualiser les lieux décrits devant la complexité voulue ou non de l'oeuvre malgré un acharnement intensif de votre esprit ... Cette même sensation domine à l'écoute de ce disque ...
Et un des changements de cet album est que ces morceaux, qu'on le veuille ou non, forment une sorte de "schéma", ce qui fait que l'auditeur pourra plus s'y retrouver que sur des albums beaucoup plus cahotiques et incohérents comme "Zeit". (Qui est excellent au passage, dans un registre radicalement opposé, certes, mais excellent ...)
"The Big Sleep In Search Of Hades" représente magnifiquement les contrastes qui opèrent tout au long de ce disque ... Introduction qui étonne par sa magnificence étonnamment modeste sonnant comme le début d'une sorte de voyage sphérique tout en ayant conscience de l'issue finale ... Ces périodes de turbulence accentuées de cristallisations sonores optimistes qui paraissent bien trop fausses telles absorbées par un chaos trop puissant pour qu'elles puissent se manifester ... Ce chaos qui gagne en ampleur ... Et que de doutes viennent renforcer cet état d'esprit ... Assez étrangement que cela puisse paraître, les ambiances ne sont pas si différents de ces prédécesseurs, c'est que là, TD les a toutes intelligemment rassemblées pour donner cet ovni musical, frustrant mais mielleux ... Mielleux et coloré ... C'est un rouge sombre, un rouge d'une agressivité astronomique qui domine cette atmosphère lointaine, à l'image de cette pochette qui ne l'est pas moins et qui prédomine cette sensation de "voyage vers l'infini"... Et d'ailleurs ... Stratosfear ... Si on le découpe littéralement, cela donne Stratofear = Stratosphere = Strato + Fear. Donc, la peur de devoir décoller de cette couche terrestre qui est rattaché à tous nos souvenirs de notre petite vie banale d'humain pour se tenter à un voyage semer d'embûches interstellaires, et qui, malgré sa magie hypnotisante, reste totalement imprévisible ...
"3. A.M. At The Border Of Marsh From Okefenokee" ... Est un morceau glauque ... Ces funestes gouttes reluisantes d'un pur macabre sonne le glas pour ceux qui auraient tenter le voyage un peu trop loin, qui, la faute d'avoir emprunté un chemin d'accès trop facile ou une idée trop préconçue sans avoir pris la peine de procéder par plans précis ... Notre voyageur se retrouve coincé mais tente d'en échapper comme nous le démontre ses marches rythmiques sonnant comme la fin d'une ère ... Mais c'est le chaos, une nouvelle fois, qui, à l'instar de Eiki' dans le bar de Georges, quelles que soient les faits et gestes, reste maître de sa catégorie en accompagnant toute forme de vie vers une totale désintégration accentué par cet harmonica maudit, prémice d'une future marche funèbre ...
"Invisible Limits" se démarque remarquablement des autres par un certain esprit d'optimisme non négligeable ... Une sorte de marche universelle vers un but commun ... C'est la fin du voyage ... L'étape finale en quelque sorte ... La vérité n'est plus très loin ... Cette guitare ... Oui! C'est une guitare! Un solo de guitare! (même si, avouons-le, il n'est pas très varié ...) Qui nous ramène petit à petit à un univers familier que nous avions quittés il y a tout juste 25 minutes ... Nous pouvons souffler, Nous avons atteins notre but! Le rythme s'intensifie avec ce clavier mielleux qui nous submerge de joie et d'émotion sous un thème bien précis qui renforce cette impression d'un contact connu d'autrefois ... Cette marche optimiste se conclut par une partie pianotée nous ramenant avec un certain sentiment de soulageant intensif après avoir fait un rêve particulièrement peu banal ...
Un rêve ... Ce genre de rêves inexplicables mais emprunt d'une beauté surnaturelle au réveil ... Tel est cet état qui prédomine à l'écoute de ce disque ...
Note: 16/20
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Catégorie Chroniques Discographiques